Témoignage de Sinon, août 2009

Je mesure réellement la chance que j’ai d’être dans un établissement scolaire, quand j’essaie d’imaginer ce que peuvent faire d’autres personnes dans le monde, plus démunies, qui n’ont malheureusement pas cette chance-là. Cette pensée là est sans doute la conséquence de mon incroyable aventure vécue aux Etats-Unis il y a quelques années. Ce travail m’a permis de passer par tous les quartiers : des plus riches aux plus pauvres, en passant par des endroits remplis de caravanes, j’ai rencontré des milliers de gens. Ce que j’ai constaté, c’est que les individus les plus défavorisés étaient essentiellement des Mexicains; mais je peux dire qu’à chaque fois que je frappais à leur porte, cette dernière s’ouvrait grandement : ils m’ont accueilli comme un roi et on a même partagé des diners ensembles. Ainsi est née ma motivation pour être volontaire à la Casa Oaxaqueña : je voulais tout d’abord avoir la confirmation que le Mexicain est vraiment cet individu incroyablement généreux et chaleureux, et ainsi lui rendre tout ce qu’il m’a donné aux Etats-Unis en me plongeant dans une culture que je m’impatientais de découvrir.

Avec les enfants, nous avons construit un projet éducatif autour de l’eau sur quatre semaines. Ce fut un sacré défi car le temps était compté. Je me rappelle encore de mon premier jour de volontariat : j’attendais patiemment à l’escuelita alors que j’apercevais au loin les premiers enfants venir avec leurs cahiers dans les mains, intéressés, curieux de découvrir qui j’étais et ce qu’ils allaient apprendre avec moi, ce que l’on allait bâtir ensemble finalement. A l’exception peut-être de la première heure où ils étaient sur leur garde, le courant est rapidement très bien passé entre eux et moi. Je garderai toujours en tête les incroyables moments passés ensemble. En particulier celui où on voulait trouver le type de matériau le plus résistant à l’eau : chaque enfant réalisant ses propres bateaux, les mettant dans l’eau du fleuve, chronométrant le temps de flottaison, et les ressortant finalement de l’eau pour éviter la pollution du fleuve : c’était vraiment magnifique !

En tête pour toujours également la préparation de ma despedida, où je voyais non seulement tous les enfants de l’escuelita concernés, mais également les autres personnes du village. Tous ensemble nous avons tenté de bâtir une noria sur les rives du fleuve, afin d’irriguer les champs environnants : le résultat de tout notre travail était mitigé car il n’y avait pas assez de courant, et surtout que nous avons oublié de mettre des pales à la roue ! Mais le travail était là, et c’est en tirant les leçons d’un échec que l’on peut avancer ! Nous avons égale-ment grimpé aux arbres pour récupérer des cocos, pour les décorer aux couleurs du Mexique et permettre à chaque personne du village d’y insérer un vœu avant de la lancer sur le fleuve : je revois encore cette merveilleuse lignée de bateaux prêts pour un éternel voyage sur le fleuve, symbole de la fin du projet. Encore une fois ce fut rapide, trop rapide, mais les souvenirs de ces incroyables habitants de Cerro la Cruz seront à jamais gravés dans ma tête !

Parmi ces souvenirs se fondent également les moments passés avec ma famille d’accueil à Mazunte: Chepa, très discrète, mais toujours à l’écoute et généreuse, Lucia qui m’a permis de bien progresser en espagnol en discutant de longues heures ensemble, sans oublier Julio, Quique et Pedro avec lesquels on se régalait à suivre la selecciòn azteca, les soirs, vainqueurs de Copo Oro 2009 !

Bref il y a tant de choses à dire qu’il faudrait des pages et des pages pour témoigner de tout. Mais c’est toujours bien de garder le secret : j’invite et encourage fortement d’autres personnes à vivre ce que j’ai vécu, c’est vraiment extraordinaire ! Je remercie Isabelle pour m’avoir fait confiance et m’avoir permis de vivre cette incroyable aventure. Et surtout j’espère vraiment avoir apporté beaucoup aux habitants de Cerro la Cruz, car j’ai l’impression que eux ont quelque peu changé quelque chose dans ma vie…

Simon