CASA OAXAQUENA : "CLAP" DE FIN?

Quatre mois. Une saison qui vient de me passer sous le nez. Je quitte aujourd'hui
des yeux, des sourires, des prenoms à retenir. Me voilà donc à la fin de l'aventure
casaoaxaqueñienne. Finie la fierté que j'éprouvais lorsque l'on me demandait si
j'étais au Mexique pour des vacances : "Non, je travaille ici avec des enfants dans
différents villages et dans la prison de la ville également". Il me faudra désormais
conjuguer cette phrase au passé. Le sourire et la fierté resteront bien presents.

Avec les enfants de Cerro de la Cruz, nous avons réalisé un mini film de 20
minutes sur l'histoire du village, sur le boulanger, l'épicière ou une bergère. Ils
se sont admirablement pris au jeu du Petit Reporter. Quelle excitation devant
et derrière la camera. Et puis leurs engouement en voyant le résultat. Des adultes
se sont joints à la séance pour admirer leur chef-d'oeuvre, leurs voisins interviewés,
leur village filmé. Ca ne gagnera pas la Palme d'Or de Cannes cette année, mais
ce fut très drôle à réaliser quand même.

Quatre mois pour travailler avec les enfants, à dessiner des papillons, des voitures,
des arbres contenant des calculs... "Tu trouves la bonne réponse? Tu peux colorier
avec la couleur qui convient alors". Sans oublier les nombreux thèmes sur les
animaux, sur le ciel, le monde marins... J'ai révisé mes classiques d'école primaire
en même temps qu'eux. A côté de toutes ces belles choses, la réalité mexicaine.
Les déficits scolaires, l'emploi de "la manière forte" dans l'éducation de certains
enfants, la passivité désolante dans des situations scandaleuses pour moi.
Personne n'est parfait, le Monde n'échappe pas à la règle.

J'espère avoir aidé La Casa dans son magnifique projet. Echange de bons
procédés : etre ici m'a permis de trouver matière à écrire un reportage à placer
en Belgique : Sur le volontariat, sur l'association, sur la prison de Pochutla, où
j'aimais jouer avec les enfants. Je tiens également à remercier du fond du coeur
Virginie (surnommée ici "Vicky Chan del Chimichu"). J'ai eu la chance de travailler
avec elle pendant ces quatre mois inoubliables, et ai pu voir son investissement
é norme dans le projet. Les derniers jours avant son départ prouvent à quel point
elle a marqué les gens, adultes, enfants, prisonniers.

Merci Biki, mi chefa. Merci La Casa. Clap de Fin? Qui sait...

Olivier Delloye